Blog personnel de Poulos & Matlink | Linux, sécurité, physique et autres curiosités.
Écrire un module noyau en Rust
Depuis sa version 6.1, Linux supporte, en plus du C, le langage Rust pour écrire certains composants du noyau. Même si la prise en charge était minimaliste dans les débuts, il est maintenant possible d’écrire des modules noyau et de les charger sans avoir à recompiler Linux. C’est le principe des LKM (Loadable Kernel Module). Dans cette article, je vous montre comment écrire un module noyau simple : un pilote pour un device de type char, générant des hurlements (i.e. “aAaaaAAhHHaaHH”), délire partant d’un message sur Mastodon. ...
Bearer token en Rust avec reqwest
Afin d’effectuer des requêtes API vers un serveur, il est parfois nécessaire de s’authentifier auprès de cette API avec le mécanisme “Bearer token”. Si vous utilisez la bibliothèque reqwest pour effectuer vos requêtes HTTP, le client reqwest::Client permet de spécifier un token à utiliser pour les requêtes. Pour cela, on effectue une première authentification sur le formulaire de connexion : use serde::Deserialize; use std::collections::HashMap; async fn main() { let url = "https://example.org/login"; let client = reqwest::Client::new(); let mut login_data = HashMap::new(); login_data.insert("username", "titi"); login_data.insert("password", "toto"); // Soumission du formulaire let response = client .post(url) .json(&login_data) .send() .await .expect("Impossible de récupérer la réponse"); let token_str = response.text().await.unwrap(); let api: API = serde_json::from_str(&token_str).unwrap(); } #[derive(Deserialize)] struct API { token: String, } Une fois cette authentification effectuée, il suffit de redonner le token au client lors des requêtes suivantes : ...
Un an après, jour pour jour : des nouvelles des nickelates supraconducteurs
Hello ! Retour sur le blog après quelques mois de pause rédactionnelle. J’ai décidé ici, au même moment où je tente de remettre un pied à l’étrier dans la recherche et l’enseignement scientifique tout en maintenant en parallèle un apprentissage constant des sciences, de faire un petit article « topo » sur la fameuse découverte qui a secoué fin août 2019 le (petit) monde des physiciens de la matière condensée. J’ai nommé : la mise en évidence pour la première fois de la supraconductivité dans un nouvel oxyde de nickel, un nickelate supraconducteur. Une année entière, jour pour jour, s’est aujourd’hui écoulée depuis la parution dans la revue Nature de la fameuse publication « coup de tonnerre » un certain 28 août 2019 [1]. Lorsque je me connecte à Google Scholar, je peux d’ores et déjà constater que la publication de Li et al. fait l’objet de 119 citations, ce qui est tout simplement extraordinaire et démontre l’engouement mondial des groupes de recherche en physique et chimie du solide dans cette voie prometteuse (fig 1). Je me suis donc dit qu’il pouvait être intéressant de regarder un peu ce qui a été fait sur ces nouveaux matériaux afin de voir ce que les scientifiques du domaine nous auraient appris en cette année si particulière. Dès lors, que s’est-il donc passé en ce premier anniversaire des nickelates supraconducteurs ? Quelles certitudes les scientifiques du domaine peuvent-ils déjà nous apporter ? Quelles pistes ont été éliminées ? Cependant, il faut rester prudent. La course à la publication et aux résultats plus vite que son ombre est là, sous nos yeux, tous les matins sur le site Arxiv.org (cond-mat). Ainsi, presque tous les trois jours peut on y voir apparaître un nouvel article sur ces nouveaux nickelates supraconducteurs. Je rappelle que ces papiers scientifiques sont des documents de travail soumis à des revues qui font appel à des spécialistes mondiaux du domaine pour effectuer un travail de vérification. Sur l’année août 2019 - août 2020, je compte seulement 63 articles publiés dans des revues scientifiques sur les 119 papiers déposés en ligne. ...
Découverte de la supraconductivité dans un nouveau matériau à la fin août 2019 : révolution ou grande illusion ?
La petite histoire que je raconte ici commence fin août 2019. Je me trouvais alors être à un mois de la soutenance de ma thèse. Je profitais des derniers rayons de soleil puissants au bord d’une mer calme et chaude avant de retrouver deux jours plus tard, mon bureau sombre et l’écran éblouissant de mon cher ordinateur caennais. Cependant, comme à mon habitude et même pendant les vacances (hehe) je regarde chaque matin en prenant mon café les dernières actualités scientifiques sur les sites internet des revues à comité de lecture de renom, j’ai nommé Nature, Science ou encore Physical Review… En particulier, ce matin du 28 août 2019, mon smartphone est posé sur la table de la terrasse en plein soleil, je l’allume et me connecte au site de la très prestigieuse revue britannique Nature. Revue au travers de laquelle des découvertes incroyables ont été publiées comme celle de l’électron (J. J. Thomson, 1897), la structure en double hélice de l’ADN (J. D. Watson et F. Crick), la publication de la preuve de la tectonique des plaques par Wilson en 1966 ou encore la publication du génome Humain en 2001. Je fais un léger mouvement de sursaut, je renverse du café sur la terrasse. J’ai un peu de mal à y croire mais l’article est bel et bien publié sous le titre : « Superconductivity in an infinite-layer nickelate __ ». Je lis l’abstract attentivement (le résumé de l’article en anglais) : une équipe américaine de chercheurs de l’université de Stanford annonce en grande pompe avoir découvert pour la première fois, de la supraconductivité dans un matériau à base d’oxydes de nickel qu’ils ont eux-même synthétisé : un nickelate. Jamais rien de tel n’avait été affirmé et encore moins réellement observé jusqu’à présent. Je crois halluciner. De petites explications s’imposent. ...
Ma critique du livre "Pensées en chemin" d'Axel kahn
Au moment où j’écris cet article, nous sommes en 2017, année, semble-t-il, placée sous le signe de la marche. Il n’est sans doute pas faux que de dire que le mot marche apparait comme étant quasiment omniprésent. Partout ! Celui-ci est partout, à la télévision, sur tous les magasines que l’on retrouve pour beaucoup éparpillés le long de la table de la salle d’attente du médecin…Le mot y est d’ailleurs étrangement et très souvent suivi d’un point d’exclamation comme si l’action consistant à se déplacer en mettant un pied devant l’autre devenait une injonction de l’homme envers lui-même afin d’atteindre un but, une finalité bien définie et calculée en somme. Mais l’homme qui marche , en prenant l’image du chef d’œuvre d’Alberto Giacometti, n’est-elle pas l’image la plus primitive et naturelle que l’on a de l’être humain, celle qui rapproche intimement ce que nous sommes avec ce que nous avons été ? Sommes-nous au fond si différents de nos ancêtres ? La marche fut originellement cet acte naturel poussant l’être humain à chasser, à explorer de nouvelles contrées, à s’installer et à vivre pleinement. Ainsi doit-on s’obstiner à chercher frénétiquement un sens utilitariste à la marche ? La marche est une pulsion de vie qui nous pousse à persévérer dans ce que nous sommes. Lorsqu’on demandait au philosophe allemand Martin Heidegger pourquoi marchait-t-il si longtemps chaque jour le long de son fameux chemin de campagne, était-ce dans un but très précis ? Etait-ce donc pour réfléchir à la façon d’écrire son prochain livre ? Etait-ce pour garder la ligne ? Non répondait-il : ...
Zoom sur deux personnalités Caennaises : Roger Apéry et Edouard Zarifian
Hello ! J’ai envie aujourd’hui d’évoquer, ici sur le blog, deux personnalités Caennaises que l’on ne connait pas forcément bien mais qui ont eu un impact important pour l’université de Caen et ont contribué à son rayonnement scientifique et médical. J’ai donc pris le temps de rédiger deux très courts résumés présentant ces deux personnages. Roger Apery (1916-1994) Roger Apery était un mathématicien Français d’origine Grecque. Il fait ses études à l’ENS Paris où il se passionne pour la philosophie et les mathématiques. En 1939, il est mobilisé pour la guerre et c’est par la suite qu’Apery choisit de s’engager en politique en devenant notamment le président de la fédération radicale du Calvados en 1960. Brillant mathématicien, il a été l’assitant d’Elie Cartan à la Sorbonne en 1944 où il soutient sa thèse sur la géométrie algébrique en 1947. Nommé d’abord maître de conférence à l’Université de Rennes, il devient professeur de l’université de Caen en 1949. Apery est connu mondialement pour avoir démontré, à la suprise générale, l’irrationnalité de la valeur en 3 de la fonction Zéta de Riemann en 1978 à Caen. Ce nombre est, depuis lors, appelé la constante d’Apery. ...
Les mots de passe, ces ignominies
L’état de l’art Devenant relativement critiques ces derniers temps, les mots de passe sont au cœur de notre identité numérique. Quasiment chaque service que nous utilisons nous en demande un, même si l’on perçoit une migration vers l’authentification forte qui progresse à bon rythme : validation de la connexion par email, par SMS à l’aide d’un OTP, ou via une application telle que Google Authenticator. Nous le savions depuis longtemps, mais nous fermions les yeux : nos mots de passe sont trop “faibles”. Mais est-ce vraiment de notre faute ? Pourquoi utilisons-nous des mots de passe trop “simples”, facile à retenir ? ...
Lineage OS : Mise à jour de CM 13 vers Lineage 14.1
C’est une triste nouvelle qui s’est dévoilée en fin d’année 2016. La mort de Cyanogen Inc., l’entreprise chargée de développer la ROM CyanogenMod, a laissé beaucoup d’orphelins. Heureusement quelques jours après la bande de LineageOS a reprit le flambeau de CyanogenMod pour nous aider à garder nos terminaux en état d’usage. LineageOS n’est rien d’autre qu’un fork de CyanogenMod avec quelques ajustements. Je vous fais donc part de mon expérience concernant la migration de mon Nexus 5 (hammerhead) de la version 13 de CyanogenMod vers la version 14.1 de LineageOS. Lisez l’ensemble de la procédure avant de vous lancer pour éviter les mauvaises surprises. ...
Pourquoi "L'autre qu'on adorait" de Catherine Cusset m'a profondément marqué
Hier je me suis couché de bonne heure. Comme à mon habitude dans certaine de mes périodes d’insomnie, pesantes comme comme une idée fixe, oppressantes comme l’angoisse de la mort, je lis toute la nuit en attendant patiemment le sommeil. “L’autre qu’on adorait “, le nouveau roman de Catherine Cusset (dont la lecture m’a chaudement été recommandée par mon grand ami Poulos) m’a accompagné cette nuit dans ma chambre aux lumières tamisées et embaumée du parfum cannelle de quelques bougies odorantes. ...
Pourquoi j'ai adoré "Petit Pays" de Gaël Faye
Des livres qui font du bruit de par la notoriété de leur auteur on en connait. En revanche, des livres qui font du bruit grâce à leur histoire tant celle-ci fait oeuvre de vérité, ceux-là se font plus rares. J’écris, ici, ce petit article pour partager mes impressions sur un livre qui fait partie de cette dernière catégorie et qui, à mon sens, est une perle en cette fin d’année 2016. Ce livre n’est pas passé inaperçu dans le paysage littéraire du début d’automne. Déjà en lice pour le Goncourt (remporté par Leïla Slimani pour son livre Chanson douce), ce roman vient tout juste de remporter le prix du Roman de Etudiants 2016, prix pour lequel j’ai apprécié faire partie du Jury avec beaucoup d’autres. ...